Récits de vie

Récit d’un déménagement

Pourquoi ai-je disparu des radars pendant près de deux mois ? Pour une raison simple, qui se résume en quelques mots et qui m’a pourtant pris tout mon temps et toute mon énergie : J’ai déménagé !

J’ai enfin quitté la région parisienne pour m’installer à la campagne, comme j’en rêve depuis toujours. J’ai changé de département et même de région, en allant m’installer, avec mon compagnon, dans le Jura. Ce qui est fou, c’est qu’en créant ce blog en février de cette année 2021, la chaumière n’était qu’une projection, une représentation mentale de cet espace créatif à l’intérieur de moi. Aujourd’hui, je suis très heureuse de vous présenter quelques photos de ma maison à présent matérialisée dans le monde : La Chaumière aux Idées.

C’est la maison au centre avec les volets rouges !

Mais avant de vous décrire un peu plus les lieux, je reviens un peu sur la genèse de ce projet que j’avais en tête depuis plusieurs années. Jusqu’à mes 18 ans, j’ai habité dans une petite commune près de Nantes que j’ai quitté en 2012 pour aller faire mes études supérieures à Rennes puisqu’il n’y avait aucune formation publique pour apprendre le cinéma dans ma région natale. J’y ai passé trois années où je suis tombée amoureuse de la Bretagne, plus que je ne l’étais déjà mais j’ai eu envie de changements après ma licence pour des raisons personnelles. Je suis donc partie pour la région parisienne, ville qui m’avait toujours fait rêver. Le rêve ne fut pas à la hauteur de mes projections : engoncée dans une petite chambre universitaire de 10 mètres carré, entourée de béton, je perdais petit à petit ma joie de vivre. Je rêvais de voyages, de grandes étendues verdoyantes, d’air pur et de calme. Pas grand-chose à voir avec la vie que je menais donc. J’y ai pourtant fait des rencontres extraordinaires, et j’ai beaucoup appris mais j’ai été très heureuse d’en partir à la fin de mes études en 2019, après deux années de master de recherches en cinéma et une année de master de scénario.

J’ai alors déménagé dans la ville de Saint-Germain-en-Laye, proche de la forêt domaniale, où j’ai habité dans deux appartements différents, de plus en plus grand, seule au départ puis à deux, ensuite. Ce dernier appartement fut le lieu privilégié des confinements successifs, de mon besoin de reliance et de partage et donc de la création de la chaumière. J’y ai été très heureuse mais le manque de place, d’espace était difficile. Comme cet appartement faisait 36 m², nous n’avions qu’un deux pièces avec une petite chambre et surtout une pièce à vivre qui servait à la fois de salon, de bureaux, de cuisine, de salle à manger, d’entrée… Comme beaucoup en région parisienne, nous avions un espace réduit pour vivre. Avec mon compagnon, nous travaillions tous deux dans le salon, ce qui était particulièrement délicat : surtout lorsqu’on sait qu’une grande partie de son travail consiste à être en réunion, et donc en visio. J’ai passé une bonne partie de mon année, le casque vissé sur mes oreilles pour tenter de m’isoler, à organiser mes journées en fonction de ses réunions pour ne pas le déranger, à me faire la plus petite possible pour ne pas interférer. C’est aussi dans cet espace que je créais, que je pratiquais mes routines de yoga, mes rituels spirituels et je sentais toujours une interférence entre ma vie matérielle, professionnelle, familiale et ma vie créative, spirituelle. Une interférence qui a fini par prendre bien trop de place dans ma vie comme dans la vie de mon compagnon, et par nous faire réfléchir, il y a maintenant plus d’un an et demi à déménager.

La nature a toujours été, pour moi, un indispensable. L’une des seules choses qui me faisait tenir dans notre ancien appartement, c’était cette vue incroyable (que je vous partage ici), ce grand balcon et surtout l’accès à la forêt à deux pas qui me permettaient de prendre cette gorgée d’air essentielle à mon épanouissement. Alors, quand nous avons cherché un endroit où vivre en dehors de la région, je n’avais que trois exigences : une maison, à la campagne avec la nature à portée de main (et si possible une forêt, avec des sentiers de randonnée) et un espace à moi, pour ma pratique créative, spirituelle et pour le travail. Mon compagnon était sur la même longueur d’ondes que moi. Nous souhaitions pouvoir revenir sur Paris pour le travail avec facilité mais nous avions aussi envie d’être proches de la montagne ou du moins dans un espace vallonné, c’est pourquoi nous avons jeté notre dévolu sur le département du Jura qui nous offrait en plus de belles promesses de voyages avec sa région des lacs.

Et la vie nous a offert bien plus que ce que nous pouvions imaginer… !

Cascade de Beaume-Les-Messieurs

Avant d’envisager d’acheter une maison sur place, nous voulions d’abord aller y vivre pendant un moment pour vérifier si la région et le département nous plaisent vraiment. Et donc, très rapidement, nous avons compris qu’il nous fallait louer pendant quelques années avant d’acheter. En septembre, nous sommes venus dans la région (dans un gîte près des lacs), pour visiter, dans l’optique de prendre des vacances, bien méritées puisque nous avions travaillé tout l’été, et éventuellement d’aller visiter des maisons à louer pour voir ce qui était proposé. Nous avons passé le premier week-end à faire des randonnées, à manger-dormir- respirer-nature. Je pense que nous avons bien dû marcher 40 kilomètres en deux jours et ce fut merveilleux. La nature, ici, nous offre un spectacle incroyable. J’ai été plus d’une fois prise d’une émotion si pure que j’en avais les larmes aux yeux. J’ai vraiment eu l’impression que l’endroit m’appelait pour me dire : « Tu es à la maison ». Je respirais mieux, mon anxiété se taisait enfin et la paix que je recherchais activement depuis des années m’a tendu les bras pour me confirmer que je faisais bien d’écouter mon instinct.

Le lendemain, nous avions programmé des visites de maisons. Ce qui est assez étonnant, c’est que nous devions visiter trois maisons mais, au matin, j’ai vu l’annonce d’une maison qui me semblait très jolie (nous avions seulement les photos intérieures) et je voulais l’inclure dans notre petit house tour. Surtout que lorsque nous avions organisé les visites, la semaine précédente, nous avions vu passer l’annonce sur l’application mais elle avait disparu. L’agent nous dit qu’il n’aura pas le temps de nous faire visiter les quatre maisons car la dernière est trop éloignée par rapport aux autres. Tant pis. Mais pourtant, je n’arrivais pas à me défaire de ce pressentiment qui me disait que si cette belle maison ne cessait de revenir dans nos vies, il nous fallait la visiter. Arrivés à la visite de la première maison, l’agent nous appelle pour nous dire que nous ne pourrons pas la visiter à cause d’un malentendu avec les propriétaires mais que, du coup, nous aurons le temps d’inclure la quatrième maison. LA maison de l’annonce. J’essayais de ne pas trop m’emballer même si je voyais tous les signes qui pointaient vers cette maison.

La visite de la première maison étant annulée, nous voilà donc partis pour les deux visites suivantes. Les maisons étaient les mêmes, l’une à côté de l’autre, mais nous avons très vite vus qu’elles ne nous correspondaient pas tellement : trop grandes, trop familiale alors que nous ne sommes que deux, sans cachet particulier, partiellement en travaux. Bref, nous n’étions pas convaincus. Nous sommes bien vite repartis sur les routes pour la quatrième et dernière maison, la fameuse, routes… qui devenaient de plus en plus rurales, avec des paysages de plus en plus remarquables pour arriver dans un petit village très charmant dont je tairais le nom, avec toutes les commodités (pharmacie, médecin, garage, tabac, boulangerie, restaurant, bar, coiffeur…). Chose incroyable vu le petit nombre d’habitants du village. Nous continuons notre chemin et, comme dirait mon compagnon, nous sommes alors passés dans un monde parallèle puisque tout semblait tout droit sortis du village de La belle et la bête de Disney surtout qu’il y avait un soleil incroyable ce jour-là : Un petit pont avec une rivière magnifique, un ruisseau qui longe la route, des champs à perte de vue avec vaches, brebis, moutons, puis soudain, un hameau en hauteur avec un château à l’arrière. Nous nous arrêtons face à une maison en pierre, au volet rouge très impressionnante. Mon compagnon et moi nous regardons, interloqués : sommes-nous au bon endroit ? Je vous rappelle que nous n’avions vu aucune photo des extérieurs. 

La vue du salon, le matin

Ce n’était que le début des bonnes surprises. Nous visitons clairement un bien d’exception, un bien pareil est difficile à trouver en location : la maison a été entièrement rénovée et n’a donc jamais été habitée depuis, malgré son ancienneté puisque sa construction date d’avant la révolution ! Une belle pièce d’histoire donc, mais rénovée dans un style loft, avec murs blancs, planchers en chêne massif, mezzanine vitrée… Les propriétaires, voulant garder le patrimoine des lieux, ont gardé de beaux éléments intérieurs de l’ancienne maison : four à pain d’époque, poutres apparentes, grand passe-plat, de belles niches avec étagères en bois, entrée en pierresLa maison fait 110m², possède trois chambres, deux salles de bain, deux toilettes dont une séparée de la salle de bain au rez-de-chaussée, un grand dressing et surtout une immense pièce à vivre avec cuisine, salon (mezzanine au-dessus), entrée (avec deux pièces attenantes : un vestiaire et une lingerie). Pour être tout à fait franche, nous sommes restés bouche bée, les yeux ronds alors que nous sommes de grands bavards. Après la visite, nous avons fait le tour de la maison pour visiter une petite maisonnette attenante qui sert de cabanon pour le bricolage, le jardinage et pour mettre des vélos puis, pièce maîtresse, un grand jardin en contrebas. Et, à l’arrière, à moins de 30 mètres, à côté du château du hameau, un sentier de randonnée et un bois public, et ce n’est pas le seul chemin de randonnée par là-bas ! Nous n’avions plus les mots, ce fut un vrai coup de foudre. Nous nous sommes positionnés dès le lendemain alors que nous projetions de déménager en 2022. Nous avons reçu la réponse le lendemain, le mercredi 15 septembre : « Votre dossier a été retenu ». Quelle surprise et quelle joie ! Nous étions partis en vacances dans un esprit de découverte, nous revenions, le lundi 20 septembre, avec de nouvelles perspectives !

La fenêtre du salon et sa belle vue

Comme nous avions un mois de préavis dans notre ancien appartement, les propriétaires ont accepté de nous délivrer les clés le 14 octobre 2021, soit un mois tout pile après notre positionnement, et nous avons emménagé le 20. Soit un mois après être revenu de notre voyage. Que dire de ce mois si ce n’est que nous avons vécu dans les cartons, passé nos week-ends et soirées à empaqueter, organiser, faire énormément de tri et donc de dons, tandis qu’en journée, nous travaillions d’arrache-pied pour nous assurer de pouvoir prendre une semaine de congés pour faire le déménagement et l’emménagement. Je n’ai pas pris le temps d’ouvrir un livre, ni de dérouler mon tapis de yoga et encore moins de créer quelque chose. Je n’avais que deux mots en tête « déménagement » et « travail ». J’ai, en plus, rendu visite à ma famille, visite prévue depuis un moment pour l’anniversaire de ma mère mais pour aussi acheter une voiture sur place ! Le rythme était tellement soutenu que, depuis, je n’arrive plus à m’arrêter. Vous savez quand vous remplissez vos journées du début à la fin, sans faire de pause et qu’à la fin même vous poser et ne rien faire paraît aberrant ? Voici mon état. Mon corps et mon esprit se sont si bien adaptés malgré les quelques blessures et la fatigue que j’en suis moi-même la première étonnée !

Donc, nous avons déménagé il y a maintenant un peu plus de deux semaines et ce fut merveilleux. Nous avons eu la chance d’avoir du beau temps à chaque instant, malgré le froid. La maison est confortable, chaleureuse, faite avec de bons matériaux donc principalement naturelle. Et j’ai mon espace à moi, mon lieu à moi… Moi qui ait été bercée par les mots de Virginia Woolf dont je vous parlerai dans un prochain article, je ne peux qu’être touchée en plein cœur, terriblement reconnaissante. Je vous écris de cette pièce d’ailleurs. A la droite de mon bureau, à travers la grande et majestueuse fenêtre, je vois l’adorable maison en pierre de mes voisins, l’incroyable saule pleureur de leur jardin, les moutons et les arbres du bois au loin, les oiseaux qui virevoltent entre les toits des deux maisons, le ciel nuageux avec de belles éclaircies…

La vue de mon bureau avec les moutons éclairés par le soleil orangé

Maintenant, en vous écrivant ces mots, je me rends compte que j’ai besoin de ralentir le rythme. A présent, nous sommes bien installés, même s’il y a évidemment encore une bonne partie de l’aménagement à faire mais j’ai envie de me plonger à corps perdus dans mes projets créatifs et spirituels, de donner toute la place à cette troisième année consécutive de NaNoWriMo que j’accomplis depuis plus d’une semaine, de commencer à préparer noël

Je n’ai qu’une seule hâte à présent, vous partager tout ça et vous proposer de belles choses en lien avec les énergies de cette saison sombre qui nous happe et nous entraîne vers de nouveaux horizons. D’ailleurs, dites-moi si vous voulez en savoir plus sur la maison et sur mon espace privilégié, sur l’avenir des lieux, je serais ravie de vous répondre et pourquoi pas même en faire un article dédié et/ou un post Insta.

Etes-vous prêts à m’accompagner dans cette aventure 

dans laquelle la chaumière devient réalité ?

Auteur

contact@lachaumiereauxidees.com

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