Conseils créatifs

Le NaNoWriMo, késako ? Mes expériences et conseils

Le NaNoWriMo est un acronyme pour « National Novel Writing Month » à savoir le mois national d’écriture romanesque. Il a été fondé par Chris BATY, un auteur américain et consiste à produire un roman de 50 000 mots (soit environ 175 pages), sur une durée restreinte d’un mois. Il faut donc être bien accroché ! Organisé chaque année, depuis 1999, il est ouvert à tous et regroupe souvent plus de 300 000 participants chaque année !

Vous pouvez vous inscrire sur le site internet officiel afin de participer en bonne et due forme avec comptabilisation de mots et tutti quanti : https://nanowrimo.org/ D’ailleurs, il est intéressant de noter que chaque pays a ses regroupements de participants et ses propres forums de soutien sur le site, ce qui peut être boostant si vous manquez un peu d’endurance.

Mais il n’est pas obligatoire de s’inscrire sur le site internet. Le Nanowrimo est avant tout un challenge personnel pour se motiver à écrire. Si vous avez du temps et les nerfs bien accrochés, vous pouvez le faire de votre côté, sans aide extérieure.

D’ailleurs, pour l’anecdote, il m’est souvent arrivé de prévoir un mois au cours de l’année, souvent le mois d’avril, pour me donner ce « défi » des 50 000 mots en un mois, si j’avais un projet pour lequel j’avais envie d’avancer rapidement. A ce moment-là, le défi s’apparente donc plus à une sorte de retraire d’écriture personnelle bien cadrée qu’à une forme de moment particulier où il convient de réussir un challenge.

Je fais moi-même le NanoWriMo chaque année depuis trois ans et ces différentes expériences m’ont beaucoup appris sur mes capacités en tant qu’autrice, mais aussi sur moi-même : ma rigueur, ma persévérance, mon besoin et envie d’écrire… Je vais donc vous livrer ici ce que j’ai pu retenir de l’expérience NaNoWriMo puis je vous partagerai quelques conseils pour mieux (sur)vivre à ce mois chargé.

Année 2018

J’ai commencé le NaNoWriMo en novembre 2018 afin de mettre les premières bases du premier tome d’une saga fantastique que j’écris. J’étais principalement partie dans l’optique d’écrire ce qui serait une sorte de bible du projet et donc développer personnages, univers et structure. A l’époque je ne me suis pas inscrite sur le site pour des raisons de méconnaissance. Je venais d’apprendre ce qu’était que le NaNoWriMo mais je ne connaissais pas l’organisme derrière.

Cela ne m’a pas empêché de marteler mon clavier chaque jour pendant un peu plus de deux semaines avec une certaine frénésie qui caractérise toujours les débuts d’un projet pour ma part. Frénésie qui fit bientôt face à un arrêt brutal par manque d’organisation. Je n’avais pas suffisamment préparé le défi et je me suis retrouvée bloquée avec à peu près 30 000 mots d’écrit.

En cherchant à comprendre les raisons de cet arrêt brutal dans les mois suivants, j’ai pu me rendre compte que j’ai une appétence particulière pour l’élaboration des prémisses d’une histoire, pour la construction des personnages qui ne me fait plus compter mes heures et oublier ma fatigue. Alors que ma bête noire se situait sur la structure et la rédaction pure.

Je ne regrette rien car ce que j’ai écrit ce mois-là me sert toujours aujourd’hui et ce que je ne savais pas, c’est que ce travail préalable me fut très utile pour le NaNoWrimo de l’année suivante. De plus, j’ai pu me tester sur l’écriture d’un roman, chose que je n’avais pas encore faite puisque je n’avais écrit que des scénarios et des nouvelles par le passé.

Année 2019

Cette année-là, j’ai commencé l’écriture du fameux premier tome de la saga fantastique par phases d’écriture d’une ou deux semaines disséminées tout au long de l’année. Je n’étais pas satisfaite de ce que j’avais pu écrire puisque rien n’avait été suivi et que je ne me laissais pas imprégner de mon univers.

C’est dans cet état d’esprit que j’ai commencé le NaNoWriMo : insatisfaite et stressée à l’idée de ne pas réussir à créer ce que je projetais. Les trois premières semaines, j’ai été un être de rigueur absolue, trouvant mes marques au fur et à mesure, appréciant ce que j’écrivais. Et puis, patatra, la vie : j’ai dû déménager. Arrivée à presque 40 000 mots, je suis contrainte de passer mes journées à faire des cartons et au téléphone avec divers interlocuteurs administratifs. Le 3 décembre, je réalise que je n’ai pas pu, encore une fois, mener à bien « le défi ». Mais, heureuse de mon nouveau chez moi, satisfaite de ces débuts prometteurs, je n’en fais pas grand cas. J’ai déjà fait quelque chose d’extraordinaire à mes yeux en entamant une entreprise qui me faisait peur : Ecrire un roman.

Année 2020

L’année suivante, j’écris principalement des scénarios si bien qu’arrivée en novembre, je suis remontée à bloc, voulant caresser l’écriture romanesque pendant un mois. Plus rien ne peut me stopper dans ma tâche d’écrire ce premier tome. Chaque jour, j’écris en moyenne 1700 mots, je suis réglée comme une horloge, avec une rigueur qui étonne mon compagnon, une endurance qui m’épate moi-même. Ce n’est pas facile, je mouline, je mets des heures à écrire une page, je doute à chaque mot mais j’y vais. Je me rends compte de la complexité de mon projet, de son ambition qui peut paraître effrayante voire même tétanisante surtout lorsque je vois à mi-parcours que la direction que je prends n’est peut-être pas la bonne. Tant pis. Je me rends compte qu’il me faut vomir ce que j’ai en tête depuis plus de 10 ans. Si je ne peux pas encore effacer ces images imprimées sur l’écran de mon imagination pour pouvoir les remplacer par d’autres, plus pertinentes, je dois tout de même les faire sortir : je dois les écrire !

30 novembre, je mets le point final à ce que je voulais faire. Avec les 39 000 mots de l’année précédente, j’en suis à 89 886. Je suis allée jusqu’au bout, j’ai écrit ces –putains- de 50 000 mots en un mois. J’aurais mis un peu plus de deux ans pour venir à bout de ce premier jet. Ces 159 pages Word me narguent déjà en me disant : « Tu sais que tu vas devoir nous relire et nous réécrire, n’est-ce pas ?« .

Mais je m’en fiche, j’enregistre, je fais des copies sur tout ce que je possède et je ferme mon ordinateur, prête à faire une pause bien méritée sur ce projet.

Ce que j’en ai retiré

Je reviendrai plus tard, dans un autre article, sur ce projet de saga fantastique et son avenir. J’en suis encore à la réécriture actuellement et, l’objectif en début d’année, était de m’y replonger activement pour le NaNoWriMo de cette année. Mais finalement, après une profonde introspection, je me suis rendue compte que j’avais envie de dédier ce NaNoWrimo à d’autres projets mais j’y reviendrai plus bas.

Avant, j’ai envie de vous faire un petit bilan de ces trois années et ce que j’ai pu retirer de cette expérience. Tout d’abord, j’ai appris à connaître mes forces et faiblesses en tant qu’autrice, mettre en lumière mes points d’améliorations, d’évolution. J’ai aussi pu tester des routines et formules différentes chaque jour et certaines sur le long terme pour voir si cela me correspond réellement. Aujourd’hui encore, j’ai gardé certaines choses dans mon quotidien qui m’aident dans ma vie d’autrice. J’ai aussi appris beaucoup de choses sur moi. Comme les sportifs qui se mettent à l’épreuve pour tester leur limite et leur potentiel, j’ai pu discerner des schémas limitants dans ma façon de créer mais aussi me prouver ma valeur, ma lumière intérieure qui n’est révélée que dans la création.

En conclusion, si vous avez envie de développer un projet qui vous tient à cœur, qui vous hante au point d’y consacrer un mois entier, que vous voulez copiner avec l’auteur.trice qui en vous, que vous voulez vous découvrir profondément, alors le NaNoWriMo est à mon sens, le défi idéal pour vous. Lancez-vous, sans crainte. Il n’y a pas de véritable échec, il n’y a que des essais et certains que vous penserez infructueux seront en fait salutaires.

Mon objectif en cette année 2021

Le défi ayant commencé il y a deux semaines et demi, je peux déjà vous dire qu’à moins que je ne dorme plus, je n’aurais pas mes  50 000 mots cette année. Mais justement, ce n’est pas grave du tout. J’ai commencé le mois avec un état d’esprit bien différent des autres années : celui d’écrire chaque jour sur un projet différent mit en dormance depuis des mois voire des années au fond de ma petite tête ou de mon ordinateur. Pour moi, dans ce défi, le plus important est de s’atteler à écrire, créer chaque jour. Même un petit peu, même des broutilles. Le plus important est de revenir tous les jours face à son ordinateur, son carnet et sa feuille de papier.

J’avais comme envie de réfléchir individuellement à chaque projet, de laisser l’inspiration arriver et me prendre au vol. J’avais envie de renouer avec mon enfant intérieur qui me supplie de le laisser s’amuser un peu. J’aime tant jouer à créer les prémisses d’une histoire que j’avais envie d’y dédier mon mois entier. Cela me permet aussi de faire des pauses dans mes journées de boulot : je me laisse aller à rêvasser, j’écris des dialogues décousus un jour, des pavés de mémoire un autre jour, puis des poèmes le lendemain, et une histoire pour les enfants le surlendemain… Il n’y a plus de règles et c’est assez jouissif. A ce jour, je pense que j’ai renoué avec pas moins de cinq projets que j’avais en tête depuis plusieurs années maintenant. Je ne peux que vous conseiller de vous offrir ces moments de tâtonnements, de jeu avec de potentielles créations.

Mon NaNoWriMo de cette année me sert donc à revenir au plaisir d’écrire, juste pour écrire. Et si vous essayiez ?

Mes conseils pour un NaNoWriMo de qualité

Mais si vous avez des ambitions plus sérieuses que les miennes cette année, voici quelques petits conseils qui m’ont notamment permis de mener à bien le défi l’année dernière.

  • Avoir un mode de vie le plus sain possible : Cela vaut pour tout et toute l’année, mais en particulier lorsque vous écrivez un roman sur une durée aussi courte car vous allez mettre votre corps et votre cerveau à rude épreuve. Ne sautez pas de repas ! J’avais un professeur qui ne cessait de nous dire qu’un étudiant venant à un examen sans avoir mangé au préalable à deux fois plus de chance de le louper ! Imaginez donc avec votre session d’écriture… D’ailleurs, un petit conseil supplémentaire : essayez de cuisiner seulement une fois par jour et en grande quantité, pour avoir un repas de prêt si vous êtes épuisé après une session d’écriture ou que vous ne voulez pas vous arrêtez en plein milieu d’un rush d’inspiration mais que votre ventre crie famine. Dormez minimum 8 heures par nuit. Vraiment c’est un minimum pour avoir toutes vos capacités mentales toute la journée. Et surtout, ne négligez pas l’exercice physique et en particulier les étirements. Après plusieurs heures assis sur une chaise de bureau (ou un lit, l’inspiration est partout) et ce, pendant des jours, le corps peut développer des pathologies très douloureuses qui pourraient vous faire arrêter net le défi et vous obliger à rester alité…
  • Créer une routine : La mienne, c’est, après avoir fait ma toilette, puis ma routine de yoga, je petit-déjeune puis je me fais un thé, je lance ma playlist, j’enfile mes lunettes et je regarde ma liste faite la veille sur ce que j’envisage d’écrire le jour en question. Basique, mais efficace. A force de la répéter, quand je la fais, mon corps reçoit un signal immédiat disant : « c’est maintenant qu’il faut se concentrer ». Il m’arrive même d’être hyper concentrée, sans que cela soit nécessaire dans la journée, parce qu’une des chansons de ma playlist passe. Il est parfois nécessaire de formater ou de conditionner un peu son cerveau pour devenir rigoureux. Cela peut être aussi simple que ça (comme juste se brosser les dents et faire un peu de méditation) ou plus élaboré, à vous de trouver ce qui vous permet de vous poser et de vous concentrer sur le long terme.
  • Prévoir une plage horaire déterminée et informez-en vos proches : Quelquefois il est difficile de trouver du temps libre et notamment si on est bien entourés ou que l’on a des enfants. Mais si vous vous donnez une plage horaire bien précise, disons par exemple de 21 heures à 23 heures ou de 9 heures à midi, et que vous vous arrangez avec votre famille, il vous sera plus facile d’écrire car cette plage horaire deviendra votre moment privilégié et dédié à votre projet.
  • Prévoir des pauses pour changer d’air : Si ça ne vient pas ou plus, ce n’est pas la peine de forcer. La troisième année où j’ai fait le NaNoWriMo c’est ce que j’ai fait, forcer à tout prix et je pense que j’ai dû accumuler des dizaines d’heures inutiles à observer la barre de ma page Word clignoter… Ce n’est ni productif ni constructif. Si vous sentez que vous avez des difficultés à continuer, faites une pause, allez prendre l’air, faites une activité différente pendant un temps. Quelquefois, il suffit seulement de changer de lieux : passer du bureau au salon, du salon à la chambre… L’objectif est vous donner une nouvelle perspective, de vous changer les idées.
  • Pas de relecture : Le dernier conseil, et pas des moindres, le NaNoWriMo est surtout un défi qui s’apparente à ce dont je vous ai déjà parlé, le « brain dump », faire sortir de votre tête le plus de mots possible pour faire avancer une histoire très rapidement. L’objectif est d’écrire, d’écrire et encore d’écrire, sans se relire. Pour deux raisons : la première c’est que la relecture peut vous faire douter de votre travail et donc vous stopper, la deuxième, c’est que vous n’aurez pas le temps et d’écrire 50 000 mots et de vous relire. Vous aurez tout le temps de le faire dans les mois qui viennent.

Et vous, vous faites le NaNoWriMo ? Qu’en avez-vous retiré ?

Auteur

contact@lachaumiereauxidees.com

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