Une spiritualité au service de sa créativité

L’influence des cycles sur la créativité

L’une de mes grandes révélations de ces dernières années, c’est que notre vie est influencée par la nature cyclique de notre environnement. Même à l’intérieur de nous, nous vivons en cycles perpétuels (le renouvellement des cellules en est le parfait exemple). Dans cet article, je vais vous faire part des cycles qui m’influencent, qui vous influencent peut-être aussi, et qui font partie de mon quotidien : tellement qu’aujourd’hui, je considère leurs forces comme étant les raisons de mon énergie, de mes élans d’inspiration et de ma créativité. Je vous parlerai aussi des rituels que je peux réaliser pour chacun de ces cycles.

Mais déjà, décortiquons un peu ensemble ce qu’est un cycle ? Pour le Larousse, un cycle est une succession régulièrement répétitive de la même suite de phénomènes, à intervalles réguliers, dans l’existence d’un être vivant, d’une lignée ou de l’ensemble du monde vivant, comme par exemple le cycle des saisons ou le cycle menstruel. Cette définition est principalement centrée sur le caractère temporel de ces phénomènes mais, à mon sens, un cycle ce n’est pas uniquement cela, comme nous avons l’habitude de le penser : un cycle est aussi énergétique. Je m’explique.

Dans notre société, nous avons perdu la perception du temps. La nature énergétique des cycles ne nous apparaît plus : alors même que nous vivons une journée qui suit une autre journée puis une semaine et une nouvelle semaine, une année puis une autre année, etc., nous avons l’impression de toujours aller de l’avant sans regarder en arrière. J’appelle cela vivre en ligne droite. A côté de cela, la société nous vend un « rêve » de progression constante, estimant que notre belle ligne droite du temps devrait toujours s’élever plus haut, plus loin, plus fort. 

Cela nous amène souvent à toujours attendre ce qui va suivre : attendre la fin du travail pour être en week-end, attendre la fin de l’année pour recevoir nos cadeaux de noël, attendre la fin des examens pour enfin être en vacances… Attendre encore et toujours. Et lorsque nous n’attendons pas, nous courons vers cet objectif improbable de ligne courbe vers ce plafond de verre fictif : la croissance.

Pourtant vivre ce n’est pas s’accroître, c’est évoluer.

Chaque semaine est une nouvelle semaine ; chaque mois, une nouveauté. Chaque mois apporte une nouvelle énergie. Car nous sommes, à chaque instant, différent. Chaque mois est un nouveau départ, un cadeau qui nous donne la liberté d’évoluer encore si nous le désirons : la notion de cycle nous permet d’apprendre à aller à notre rythme.

Vivre de manière cyclique est bien plus naturelle que de vivre en ligne droite et, je peux vous l’assurer, plus sereine. Qui veut vraiment vivre sur la ligne d’un encéphalogramme plat ? Pas moi. Ni vous, j’en suis sûre. Cela ne nous empêche pas de voir sur le long terme ou d’espérer un évènement marquant dans le futur. Non, cela nous aide surtout à percevoir chaque instant comme le début mais aussi la fin de quelque chose et donc à nous ancrer dans le présent.

Vivre de manière cyclique, c’est vivre dans une belle boucle qui possède ses hauts et ses bas que ce soit métaphoriquement ou énergétiquement. Ce sont ces possibilités qui nous permettent une profonde évolution intérieure.

Les cycles des saisons

L’un des cycles les plus importants à mes yeux est le cycle des saisons. J’aime être bercée par les signes de la nature qui ne cessent de se renouveler en permanence, sans aucune intervention humaine. La nature est, à mon sens, le plus beau des enseignants.

Les saisons m’apprennent qu’il y a un temps pour tout et que les énergies qui m’animent au fur et à mesure des mois sont naturelles. Pour moi, l’hiver est le temps du repos et de la préparation. Le printemps est le temps du réveil, du renouveau, de la mise en place et de la création. L’été est le temps de l’accomplissement et de la célébration. L’automne est le temps des bilans et de l’introspection. Et cela se succède et se renouvelle sans fin. C’est pourquoi, il est complètement aberrant, dans notre société, de nous obliger à travailler avec la même énergie chaque jour de chaque semaine, de chaque mois, de chaque année.

Pendant des années, à cause de mes différences d’énergies par rapport à ce qui m’était demandé, je me sentais constamment épuisée. Je pensais manquer de courage, je pensais être anormale, en marge de la société. Aujourd’hui, j’ai compris que j’avais seulement un rythme différent de celui qu’on nous impose. Comme pour beaucoup de personnes. Quand j’ai compris que les énergies étaient différentes pour chacun et que pour cette raison il était impossible de tenir le rythme imposé, j’ai ressenti une grande libération. Il n’a suffi que de faire un travail d’adaptation pour aller mieux : pour trouver mon rythme, pour appréhender mes énergies, sans me fier à l’aliénation de notre société. Je ne vais pas vous mentir en disant que j’y arrive parfaitement, tous les jours. C’est faux, ce travail d’adaptation est long (car il possède tellement de ramifications…) mais ô combien salvateur !

Je me suis notamment aidé de ce qu’on appelle la Roue de l’année en commençant à célébrer les huit sabbats, des célébrations païennes qui jalonnent chacune des années (d’ailleurs de nombreuses célébrations contemporaines comme la Chandeleur, Pâques, Halloween ou Noël découlent des sabbats). Cette image de la roue est d’ailleurs une magnifique métaphore du cycle car qu’est-ce qu’une roue ? C’est un cercle relié à un autre cercle par des rayons. Imaginons un instant que notre représentation physique soit le cercle extérieur et que celui au centre soit une représentation de notre intériorité alors, les rayons sont les actions, les créations que nous réalisons qui nous nourrissent intérieurement et s’interconnectent les unes aux autres.

C’est comme cela que je vois ces célébrations. A chacune d’entre-elles correspond une énergie particulière qui me permet de me questionner sur ce qu’il s’est passé entre l’intervalle de temps entre la précédente et celle que je vis mais qui me permet aussi de me projeter vers la prochaine. Je me remets en question, j’apprends, j’intègre. Ce sont mes instants sacrés.

Si cela vous intéresse, vous trouverez un nombre incalculable de ressources en ligne (sur ce sujet particulier, je vous conseille les différents articles de MysticMoon). Pour ma part, pendant ces célébrations, j’aime revenir sur la période en écrivant dans mon journal, j’aime me tirer les cartes (tarots et/ou oracles et même quelquefois les runes) pour approfondir ma réflexion, je médite, et, selon le sabbat en question, je peux créer quelque chose que ce soit un objet physique ou une véritable célébration (repas, fête, rassemblement…). J’aime aussi me balader en forêt pour voir les évolutions de la nature car, pour moi, les sabbats sont avant tout des célébrations pour la nature, pour l’aspect cyclique des saisons.

Beaucoup considèrent cette pratique des sabbats comme magique, et, même si j’aime me dire cela aussi, je pense surtout que ces pratiques permettent d’honorer la nature, les saisons, les cycles de notre Terre mais aussi ceux qui sont en nous. Grâce à ces célébrations, je me sens plus ancrée, plus créative, plus vivante, plus sereine. Et je ne peux que le conseiller à tous, que vous vous revendiquiez sorcier.ère ou non. L’objectif est, pour moi, de comprendre notre environnement, notre monde et nous-mêmes et de s’y sentir, comme à la maison, peu importe où nous nous trouvons.

Les cycles de la lune

J’ai commencé très tôt à m’intéresser aux cycles de la lune car cet astre me fascine. Son influence magnéto-gravitationnelle qui a été prouvée depuis peu (alors que les pêcheurs et les agriculteurs s’en servent depuis très longtemps), s’exerce sur de nombreux phénomènes naturels notamment les marées ou la croissance des plantes.

Plus récemment, des études tendent à prouver l’influence de la lune sur les êtres vivants, vis-à-vis de leurs humeurs et de la qualité de leur sommeil. En revanche, pour la corrélation établie entre le cycle menstruel et le cycle lunaire, due au fait que les deux cycles ont similairement la même durée moyenne, à savoir respectivement 28 et 29,53 jours, elle n’est pas encore totalement prouvée. Il est néanmoins admis que les deux cycles présentent des similitudes qui permettent à certaines personnes menstruées de vivre plus facilement leur cycle.

Pour beaucoup, cela reste des croyances. Pour moi, la découverte des similitudes dont je vous parle plus haut a été d’une grande aide et la pratique des rituels de lune, une vraie bénédiction. Je vous conseille d’ailleurs les livres de Miranda Gray, Lune Rouge ou encore Les quatre déesses du cycle féminin, pour aller plus en profondeur sur le sujet. Ces deux livres parlent des archétypes énergétiques et créatifs qui se manifestent et se succèdent en nous, tout au long de notre cycle menstruel et établissent une corrélation entre ces archétypes et les différentes phases de la lune.

Mais il n’est pas nécessaire d’être menstrué pour ressentir les influences du cycle lunaire. Pour commencer, la nouvelle lune et la pleine lune sont les deux moments de ce cycle les plus forts énergétiquement. Ils peuvent être particulièrement transformateurs si vous les percevez comme étant des moments de développement personnel.

La nouvelle lune est un moment propice au renouveau, à la purification et au nettoyage (de vos intérieurs grâce au rangement, au tri et au ménage mais aussi de votre intériorité, au niveau énergétique et émotionnel). La nouvelle lune étant ce qu’on appelle une « lune noire », puisque nous ne la voyons pas (elle cache le soleil, seule source de lumière à même de lui donner sa visibilité), elle est souvent associée à l’introspection : il est intéressant d’entrer en nous lors de ces moments particuliers pour aller découvrir et accepter nos parts d’ombres. Mais, énergétiquement, la nouvelle lune est avant tout un nouveau départ et il est intéressant de méditer et de visualiser nos rêves à ce moment-là, de mettre concrètement en place des actions pour les réaliser, de lancer des projets et d’initier des changements d’habitude par exemple. Si vous avez en tête une nouvelle œuvre artistique, c’est le bon moment pour la démarrer. L’énergie créative est dans sa phase ascendante.

La pleine lune est connue pour être le point de culmination des énergies. Elle brille dans le ciel, éclairée par l’astre solaire, et nous illumine de sa présence. Pour ma part, je la perçois comme l’étape transitoire vers des énergies plus descendantes jusqu’à la prochaine nouvelle lune. L’énergie créative est à son paroxysme et, généralement, nous récoltons les fruits de ce que nous avons semé lors de la précédente nouvelle lune, ou tout du moins, nous percevons les débuts de cette récolte. Quelquefois, la pleine lune peut nous remuer au point de nous empêcher de dormir : nous nous sentons agités, anxieux, tiraillés. Ces effets sont souvent les signes que nous n’avons pas suffisamment profité des énergies de la nouvelle lune ou que la pleine lune a quelque chose à nous révéler. La pleine lune est un bon moment pour avancer sur les projets et œuvres commencées à la nouvelle lune ou même les terminer.

Les rituels de nouvelle et de pleine lune sont d’excellents outils pour matérialiser et créer la vie dont vous rêvez. En prenant le temps de faire le bilan de ce qui vient de s’écouler, de se relier aux énergies du cycle par la méditation, le chant, la prière, la danse ou toutes autres activités qui vous sied, et en vous projetant dans les semaines qui viennent, vous vous sentirez plus créatifs et plus motivés.

Les cycles créatifs

Pour finir, je vais relier ces différentes pratiques avec celles qui nous rattachent vous et moi, si vous prenez le temps de parcourir ce blog : les cycles créatifs.

Je n’ai jamais perçu le cycle de création comme une ascension sans fin. Au contraire, depuis que j’ai commencé à écrire, je me suis rendue compte que l’art et la création sont influencés par un cycle sans limite avec un commencement, une progression et une fin. Souvent même, nous recommençons une œuvre. Durant mes études de scénario, une de mes professeures ne cessaient de nous répéter « Ecrire, c’est réécrire ». Et elle avait entièrement raison : j’ai encore des écrits qui n’ont toujours pas été matérialisés dans le monde car pas encore aboutis. Il y en a d’autres qui germent petit à petit dans mes pensées. Il y en a d’autres que je pense avoir terminés et qui se « réveillent » à nouveau pour être modifiés voire recommencés.

Créer, c’est recréer. Nous sommes tous et toutes dans une boucle de création : souvent, même si nous sommes très curieux de tout ce qui nous entoure, nous avons des thématiques qui reviennent sans cesse dans nos créations. Comme si nous avions constamment envie de créer à partir des mêmes éléments et matériaux, concevant des œuvres qui sont des variations entre elles. C’est d’ailleurs ce que les chercheurs et les critiques appellent « les motifs ».

Au-delà de cette boucle créative, le processus créatif est un cycle. Combien de fois avez-vous ressenti cette nouvelle force créative qui vous est pourtant familière ? Vous avez alors ressenti le besoin de créer cette œuvre qui vous vient à l’esprit et même si elle est nouvelle, vous avez l’impression qu’elle a toujours été là. Au fur et à mesure de sa création, vous suivez les mêmes étapes de matérialisation dans le monde et pourtant, vous avez l’impression de vivre une expérience différente. C’est souvent le cas émotionnellement mais pourtant le processus reste le même. Et, comme je l’évoquais plus tôt, si vous êtes un créateur, vous vous inscrivez forcément dans une boucle de création. Chacune de vos œuvres est nourries par les précédentes et influenceront la prochaine. C’est le cycle de la vie, le cycle créatif.

Et, comme je vous le disais, en parlant des cycles des saisons et des cycles lunaires, ma pratique artistique est clairement influencée par ces énergies. Lorsque j’en ressens le besoin, je crée en fonction de ces cycles qui m’apportent beaucoup émotionnellement, spirituellement et intellectuellement et donc indubitablement, influencent alors les œuvres que je produis à ce moment-là. Vous seriez d’ailleurs surpris de voir, comme j’ai pu l’être en commençant ces différentes pratiques, que souvent et de façon inconsciente, nos processus créatifs prennent leur source dans ces différents cycles. Ça a quelque chose de magique et ça l’est car l’acte de création, le cycle créatif est fantastique.

Et vous, ressentez-vous ces différents cycles ? Avez-vous déjà essayé de vous laisser porter par eux ?

Qu’avez-vous ressenti ?

Auteur

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Créer sans but

14 mai 2021